Des vitraux contemporains pour l'église de Bousval

Lors des Journées du Patrimoine en septembre dernier, les curieux de patrimoine religieux n’auront pas manqué de passer par Bousval en Brabant wallon pour admirer les dix nouveaux vitraux qui ornent désormais l’église Saint-Barthélemy. Des vitraux modernes tant d’un point de vue artistique que sous l’angle de la technique.

 

Œuvres hautes en couleurs

 

Nicole Verhaeghe de Naeyer a ainsi mis son talent au service de l’église qu’elle affectionne tellement. Bien que l’idée de départ ait été d’en confier la création à un artiste étranger au village, ce sont finalement ses œuvres qui illuminent l’édifice, grâce à la double inspiration de sa foi chrétienne et de Kandinsky. Une véritable résurrection pour l’église quand on se souvient des anciens vitraux du XIXe, vétustes et sans aucun intérêt artistique.

 

L’artiste, qui se qualifie en toute modestie de « coloriste ne sachant pas dessiner », est elle-même impressionnée par le résultat : « C’est assez incroyable parce mes pastels étaient petits et c’est devenu lumineux et grand. Les vitraux se voient aussi bien de l’extérieur que de l’intérieur, ce qui n’est pas courant. » Et de rendre hommage aux deux personnes qui ont rendu ce miracle possible : son professeur de dessin Yvonne Cattier qui l’a poussée à se lancer dans le projet et Anatoly Stolnikoff, dont les conseils techniques ont permis d’obtenir le résultat que chacun peut désormais admirer.

 

Nouvelle technologie

 

Anatoly Stolnikoff est artiste monumentaliste. Fort d’une première collaboration réussie avec Saint-Gobain Glass (une balustrade de 25 mètres avec mains en verre pour le Musée des Arts anciens de Namur), il a largement contribué à la transposition des pastels petit format en vitraux de dernière technologie : chaque vitrail est réalisé d’un seul tenant sur une imprimante spéciale, qui projette directement de l’émail sur le verre à la manière d’une imprimante jet d’encre, avant que le tout ne soit recuit.  Mettre au point le procédé a pris du temps. Pendant plus d’un an, les essais se sont succédés. Au fur et à mesure des réglages, le résultat, décevant au départ, est devenu très satisfaisant. La collaboration entre Anatoly Stolnikoff et Ivo Smets, responsable du projet chez Saint-Gobain Glass, fut d’ailleurs exemplaire.

 

Vitraux écologiques et durables

 

La technique mise en point permet un bon rendu des couleurs, et ce sans utiliser de substances nocives. Le plomb a également disparu, puisque la totalité du vitrail est imprimé en une fois.  Théoriquement, on peut ainsi adjoindre une image à n’importe quel type de vitrage.  Dans le cas de l’église de Bousval, il s’agit non seulement de double vitrage, mais également de vitrage antibris, pour éviter les accidents. En plus, cela permet de réparer facilement : il suffit d’enlever le vitrage fendu ou brisé et de le remplacer, sans toucher au vitrail lui-même.

 

Le procédé mis en œuvre pour réaliser ces quelque 50 mètres carrés de vitraux a laissé une grande liberté à l’artiste. Tous les aspects techniques ont parfaitement été maîtrisés par Saint-Gobain Glass, jusqu’au placement lui-même. À la satisfaction générale.

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Eglise de Bousval